[ Petit oiseau prisonnier d'une maison sans fenêtre, petit oiseau l'aile pliée, échoué sur le carrelage, petit oiseau résigné qui ferme les yeux pour s'envoler. ]Ils n'étaient pas fous les mélancoliques
Ils étaient conquits digérés exclues,
par une masse opaque
Des monstres pratiques
Avaient leur âge de raison les mélancoliques
L'âge de la vie
Ils n'étaient pas là au commencement
A la création
Ils n'y croyaient pas
Et n'ont pas su du premier coup
Conjuquer la vie et le temps
Le temps leur paraissait long
La vie leur paraissait courte
Et des couvertures tachées par l'hiver
Sur des coeurs sans corps sur des coeurs sans nom
Faisaient un tapis de dégoût glacé
Même en plein été*[ Tu construis ton idéal pour défaire ce qui te noue. ]" Esquintée, je me sens esquintée, même mon esprit ne peut plus faire rempart.
Je suffoque, trempée, comme une enfant qui hurle sa terreur nocturne. Je m'oblige à ne pas crier, m'oblige à réfléchir. Je dois me calmer : rêver, quitter ce lieu abominable, maîtriser ma peur.
S'inventer des calins pour ne pas se morceler d'avantage, tout est répendu sur le sol alors gratter la terre, vite, rassembler ses petits rêves dans la poche et marcher d'un pas tranquille.
Je veux des bras chauds, du chocolat, une cigarette, des larmes qui montent et qu'on accueille gentiment.
Ici, il n'y a que les larmes, au creux de la nuit, des larmes époussetant le silence et de petits bruits gazouillés par ma gorge brûlante.
Le hoquet toujours, et de grands reniflements, très bruyants parce que ressemblant de plus en plus à des spasmes.
Je m'étouffe, seule, et m'arrange une étreinte avec la couverture marron, vieillotte, bien trop rêche, je lui parle, lui raconte et elle me console. Je peux la serrer si fort, la tête enfouie, écrasée contre sa chaleur, je peux la trempée de toutes mes larmes, ça ne fait rien, pour elle ça ne fait rien. "
[ Aucun tissu ne pourrai te border tout à fait, ... Mais ce n'est pas si grave, pas si grave. On se berce en rêves, jamais on ne vit la vraie vie. ]
*Paul Eluard, " Du fond de l'abîme ", Le dur désir de durer.[/i]
# passage du livre : " Les mots, ça m'est égal " de Mélanie Culivier #
Dark, Dark, Dark and fuck ?